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Chacha… 1924 – 2019

Cet article avait été écrit et publié ici, en 2014… cinq années ont passé. Chavanieu vient de nous quitter.

René Chavanieu est un drôle de type, un drôle d’aficionado. Un type littéralement extraordinaire. C’est-à-dire qu’il n’est pas comme vous et moi, nous qui sommes forcément plus ordinaires. Il ne réagit pas comme vous et moi. Il n’agit pas comme vous et moi. Il ne réfléchit pas comme vous et moi. Il calcule, beaucoup ; mais ses calculs n’ont rien de petits ou de machiavéliques. C’est juste qu’il calcule, compare, mesure, rationalise. Tout et tout le temps.

Ce n’est pas un poète, il ne l’a jamais revendiqué. C’est un scientifique, un technicien plutôt. Il le revendique. Mais, dans le fond, c’est bien plus complexe. C’est autre chose, un monde à lui tout seul. Il y aurait même de la poésie là-dedans. D’aucuns ne l’ont d’ailleurs jamais compris, eux qui l’ont vomi pendant des années, notamment au sein de la défunte commission taurine nîmoise, qui lui fut si chère et où il passait pour un emmerdeur.

Chacha a tout mesuré, à commercer par les cornes des toros de Victorino. Il a tout chronométré, à commencer par les encierros de San Fermín, pendant cinq ans, je crois, avant de les courir, pendant quinze ou vingt ans. J’ai oublié.

Moi, il y a vingt-cinq ou trente ans, un matin, un peu avant midi, j’ai sonné chez lui, et depuis, chaque fois le même rituel : « Tache ! Amène-nous le pastis ! » Ou la manzanilla, ça dépendait des jours, et de l’heure.

Comme si le temps n’avait pas passé. Je n’ai pas compté.

Chacha, lui, a tout compté, c’est certain, le nombre de corridas auxquelles il a assisté, le ,nombre de voyages. Demain, à Nîmes, dimanche 21 septembre 2014, ce sera sa dernière. Rideau. 
Il y a quelque temps déjà, il m’avait soufflé, presque à voix basse, que ces voyages à Bilbao ou à Madrid ce seraient ses derniers.

Chavanieu a dû chronométrer un truc, mesurer quelque chose, quelque chose qui nous échappe à nous, quelque chose qui ne doit pas à voir uniquement avec le temps qui passe et qui lui a commandé d’arrêter.

Chacha tire le rideau, de son vivant. Je ne me souviens pas avoir assisté de la sorte à la despedida d’un aficionado, en conscience. Je vous le dis, il n’est pas comme vous et moi.

Un abrazo muy muy fuerte, Chacha.

  1. Joseba goikolea Répondre
    Le conocimos en nuestrod herraderos en Scamendre. Un grande

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