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  • Nous surfions tous chacun de notre côté. Huit surfeurs isolés affrontant les éléments chacun sur leur rivage — des côtes sauvages peu fréquentables offrant invariablement une forte houle en prise directe avec le rocher. Huit surfeurs à la marge et aux planches presque aussi longues que leur quête… Sur la carte, nous avions tracé des lignes, puis tourné le dos au littoral, abandonné nos longboards et tissé notre toile jusqu’à un pays de cocagne, aux rouges charpentés et aux foies gras, célébrant dans un rond de sable sol y sombra le combat de bêtes à cornes au goût prononcé pour la castagne.

    Une fois le « monument » érigé — fruit d’une improbable alchimie numérique entre un cromlech britannique, une statue-menhir de Filitosa, un toro de Guisando et un polychrome d’Altamira —, encore fallait-il lui forger une âme, le voir grandir avec plus ou moins de sérieux et tourner chaque jour, dans les rires ou les colères, les pages bruyantes et surexposées de nos huit PC. Et ces pages, un jour, nous les avons rêvées de chair, fragiles, vivantes et glissant sous le mouvement apaisé de nos doigts.

    Parce qu’un livre peut vous aider à allumer un feu et vous sauver la vie ; parce qu’un livre peut servir à faire cuire des carcasses de canard, alors qu’un PC, non ; parce qu’un livre nous berce le soir ; parce qu’un livre nous tient la main quand le corps se plaint, alors qu’un PC, non. Parce qu’un livre soulage ; parce qu’un livre cale les meubles et décore nos intérieurs, tandis qu’un PC… fait définitivement trop de bruit quand on a envie d’intimité. Parce qu’un PC ne se porte pas sous le bras comme une planche de surf, comme une muleta ou comme un livre ; parce qu’avec un livre sous le bras, on devient torero, cow-boy, indien, voleur, flic, voyou, héros, salopard ou surfeur… Parce que nous sommes tous des surfeurs avec un livre sous le bras. Parce qu’un livre ressent le vent et craint la pluie ; parce qu’un livre vieillit ; parce qu’un livre s’abîme, s’oublie, puis se retrouve, comme vous, comme nous. Parce qu’un livre, finalement, se corne, lève la tête haut, pousse fort sous les piques et meurt comme meurent les braves.

    Et ces pages suivent désormais le mouvement apaisé de vos doigts. C’est le moment qu’a choisi le mayoral de l’élevage pour vous seller un cheval. Ne le refusez pas. Mettez le pied à l’étrier, ajustez les rênes et caressez l’encolure de votre monture. N’ayez crainte, suivez cet homme et gardez les yeux ouverts ; c’est tout un livre, donc un monde, qu’il se propose de vous ouvrir… entre campos y ruedos.


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  • vidalChroniques taurines | Joaquín Vidal (traduction Virginie Girard) | Présenté par François Bruschet | Les Fondeurs de briques

    Personnellement, je ne connaissais pas Joaquín Vidal. La première fois que nous nous sommes rencontrés, Joaquín Vidal était seul, assis sur les gradins de Las Ventas, seul au milieu de rien sous un poncho martyrisé par les trombes d’eau qui donnaient l’illusion que le béton fondait de désespoir. Il était seul. Il était une photo. J’ai aimé cette photo. Non pas ses qualités techniques et/ou esthétiques, mais j’ai aimé cette photo pour ce qu’elle montrait. Un homme seul sous une pluie de titan en train de regarder une corrida de toros. J’ai lu Joaquín Vidal après notre rencontre. J’ai aimé ce qu’il écrivait sur ces corridas qu’il regardait sous la pluie. J’ai toujours été méfiant — et je le suis plus que jamais — à l’égard de ceux qui admirent, qui ont des maîtres, qui vouent une passion démesurée à d’autres. Mais il faut bien le reconnaître, Joaquín Vidal savait de quel bois est fait le toreo. Et sa plume, comme les grandes plumes, ne se contentait pas d’écrire ou de décrire. Il y avait un discours derrière les mots. Sa plume écrivait et sa plume parlait.

    François Bruschet a réuni, dans cet ouvrage modeste mais essentiel, quelques-unes des chroniques taurines de Joaquín Vidal, toutes parues dans le quotidien madrilène El País. — Laurent Larrieu

     

     

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    Dolores Aguirre. celle qui élevait des toros | Eneko Andueza Lorenzo (traduction Marc Roumengou). Le dernier chapitre a été écrit par Frédéric Bartholin de Campos y RuedosAtlantica

    Le livre existait déjà en espagnol mais les éditions Atlantica ont eu la bonne idée de le rendre accessible à tous les aficionados français ne maîtrisant pas la langue castillane. Une nouvelle fois, après le succès de la traduction du livre d’Antonio Purroy, Comportamiento del toro de lidia, Atlantica a fait appel à Marc Roumengou pour traduire l’oeuvre de Eneko Andueza Lorenzo consacrée à la ganadera Dolores Aguirre Ybarra décédée en avril 2013. Les aficionados a los toros connaissent tous aujourd’hui les toros de la dueña maintenant élevés par sa fille Isabel Lipperheide avec, semble-t-il et selon diverses sources, la même exigence de sérieux et d’intransigeance.
    L’ouvrage qui relate l’histoire de cette ganadería presque quarantenaire et à qui les plazas de Madrid, Pamplona, Vic, Céret, Orthez doivent de grandes tardes de toros s’achève sur le texte final de Frédéric Bartholin — Campos y Ruedos —et sur ses photographies argentiques de l’épique moment vécu entre ‘Cantinillo’ et Alberto Lamelas à Vic en 2014.

     

     

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    Fernando Pereira Palha | Laurent Larrieu (préface de François Bruschet) | Atelier Baie

    Je ne sais pas s’il faut croire au hasard, ou aux circonstances, heureuses ou malheureuses, aux signes du destin, ou, plus improbable encore, du ciel.
    Je n’y ai jamais prêté attention.
    Le fait est qu’il y a quelques semaines Fernando Pereira Palha a pu lire le manuscrit d’un livre qui lui est consacré.
    Il y a quelques semaines, Fernando Pereira Palha a demandé à son petit fils de dire à Laurent Larrieu : « Dis-lui que tout est authentique. Tout est vrai ! ».
    Et Duarte Palha a remercié Laurent.
    Quelques semaines plus tard, au moment même où Bruno Doan envoyait à Laurent la première maquette du livre, Fernando Pereira Palha nous a laissés. Précisément ce jour là.
    Cela ne signifie rien, mais c’est là… Etrange et curieux hasard.
    Laurent a dû modifier la fin de son manuscrit : «Il ne tiendra jamais ce livre entre ses mains… mais il l’a lu. Sur des feuilles de papier A4, sans photographies, sans notes, sans annexes mais il l’a lu… Il l’a lu sur des feuillets imprimés et m’attendait en mai.»


  • Robert Frank, Valencia 1952, Steidl, 2012.

    Robert Frank - Valencia 1952


    Cristina García Rodero, España oculta, Lunwerg, 1989.

    España oculta - García Roedro


    Cristobal Hara, Lances de Aldea, Photovision,
    1992.

    Lances de aldea - Cristobal Hara



    Gabrielle Duplantier, Volta, Lamaindonne, 2014.

    Volta - Gabrielle Duplantier


    Michael Crouser, Toros, Twin Palms Publishers, 2007.

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    Joséphine Douet, Silencios, ediciones Bellaterra, 2013.

    Livres -Silenciosjosephinedouet



    Lucien Clergue, Toros muertos, Forces vives, 1963.

    Toros muertos - Lucien Clergue


    Leopoldo Pomés, Toros, Junta de Andalucía y centro de la fotografía, 1995.

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    Aitor Lara, Ronda Goyesca, La Fábrica,
    2012.

    rondagoyescalara



    Cristobal Hara, Cuatro cosas de España, Visor ediciones,
    1990.

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