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Aguado, tel qu’en lui même

Séville 26 septembre 2026
6 Jandilla dans le type, donnant assez de jeu pour les vedettes et le lieu, destinés à Emilio de Justo, Roca Rey et Pablo Aguado.
Emilio de Justo, décidé, reçut le 1er à une main le long des planches, bien jusqu’à ce que le toro le prenne et l’envoie valser contre la barrière. Quite efficace. 2e avertissement avant la première pique puis aux banderilles car ce toro suit. Il charge au pas, brindis à Aguado. Faena courte avec 2 bonnes séries à gauche, passage à droite, retour à gauche, le toro baisse sérieusement, épée trasera et tombée mais rapide (+ sévère vuelta de peones) 1 oreille. Porta gaiola, le 4 va et vient plus qu’il ne charge avant de finir aux planches. Emilio cette fois ne sait pas abréger. Épée entière trasera et salut.

Roca Rey ne dit rien face au 2 court de taille et de charge. Quite par chicuelinas hautes de Aguado : quand tout est dit, nul n’est besoin de réponse. Rien à tirer à la muleta. Dommage, l’on aurait aimé entendre « Agüero ». Nuit tombante sur le 5, Jabonero, étonnamment, ce sont des perruches et non des martinets qui survolent la Maestranza. Sur le sable, le Condor enquille à genoux des cambios au centre, et « passe » une arrucina plus que forcée. Note technique élevée, artistique… Le toro passe (près) sans dire grand chose, et Andrés s’entête à ne pas sortir à blanc. Quand la musique cesse car la faena baisse, il sort l’artillerie, passes dans le dos, cornes sur les cuisses au milieu d’une belle division d’opinions. Épée entière et une oreille protestee. Roca a perdu du cartel à Séville. Autre quite précieux d’Aguado et belle paire de palos de Fernando Sánchez, planant littéralement sur le Jandilla.

Aguado a des allures d’enfant bien né et à qui tout semble avoir souri ensuite, il « est » ces bonnes manières que De Justo semble avoir apprises. Toujours bien habillé, l’Extremeño était, par exemple, à des années-lumière d’Aguado dans ce costume turquoise-passée-bleu-gris et or fin ce soir. Emilio craint d’avoir pourri le 3 au quite après une vuelta de campana, no pasa na’ : le Jandilla part de loin avec ce qu’il faut de temple et d’obéissance pour qu’Aguado brode une merveille de faena, délicieuse d’inspiration et de naturel. Rappelons ici que le naturel implique pour tout un chacun de se tenir à distance respectable du toro et Pablo ne fait pas exception à la règle. À droite le pico dicte le tracé et enroule un peu loin. L’arène s’en moque car ici on n’ergotte pas sur les détails quand tout semble en ordre pour qu’un moment attendu advienne. Aguado torée comme après avoir essuyé la vaisselle du déjeuner le dimanche et si cela n’en a pas l’air, il s’agit d’un (sacré) compliment. La posture n’est pas forcée, les pieds en canard enfouis dans le sable, les kikirikis sont des ouvertures de bal et les passes de pechos des esquisses. Le toreo est une attitude, un jeu rêvé d’enfant, une danse de salon dans une soirée d’aristos. Les adornos sortent des photos d’avant guerre civile, le superficiel est délicieux, molinetes profonds l’air de rien, le fondamental surgit au detour d’un cite de face de la gauche et à n’en pas douter, l’on toréait comme cela dans la Vienne de 1900. Épée en place, il faut expliquer à ces peones de laisser ce toro mourir seul au centre. 2 oreilles sans trop se faire prier.
Le 6 est un toro avec moins de possibilités, la cape reste un peu inégale et il faut inventer pour deux voire passer pour lui. C’est le jeu, il faut une oreille pour sortir par la Porte du Prince et Aguado le joue toujours sans forcer. Le public est conquis mais en redemande et la faena longue pour pareil bestiau. Épée desprendida sans effet, habituelle incompréhension à voir un toro sans grande force refuser de tomber. 2 avis, demie-douzaine de descabellos… Certains partent déçus de ne pas voir de Porte du Prince. La pétition d’oreille bruyante fait toutefois tomber le trophée et déverrouille vous-savez-quoi.

Entendu à la Esclavina juste après « il ne devait pas couper d’oreille au 6 mais méritait de sortir a hombros ». Je me souvenais avoir potassé dans de vieux grimoires que « l’échec ou le succès au descabello n’avait pas à influencer l’octroi des trophées » ou quelque chose comme ça. On s’en moque un peu.

 

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